Sagesses Bouddhistes: vers une ?ducation du c?ur et de l’esprit

… -Bonjour ? toutes et ? tous. Nous sommes ravis de vous retrouver sur notre plateau pour une ?mission sur l’?ducation dans le cadre de notre s?rie consacr?e ? la jeunesse. On apprend souvent aux enfants un savoir-faire et non un savoir-?tre. L’?ducation ne devrait-elle pas permettre aux enfants d’actualiser le meilleur en eux ? Les enfants qui s’entraident obtiennent de meilleurs r?sultats scolaires. Comment encourager l’altruisme ? Comment envisager une ?ducation qui ne soit plus bas?e sur la comp?tition ? J’accueille, pour en parler, Matthieu Ricard. Bonjour. -Bonjour. -Vous vivez dans l’Himalaya depuis 1972. Vous avez re?u l’enseignement de Kangyour Rinpoch?. Vous vous occupez de projets humanitaires au Tibet, au N?pal et en Inde. Et vous venez de publier « Plaidoyer pour l’altruisme », o? vous parlez d’?ducation, ce qui pour vous, est essentiel. Vous mettez en exergue une phrase d’Aristophane. « Enseigner, ce n’est pas remplir un vase, c’est allumer un feu. » Pourquoi cette citation ? -L’?ducation moderne, principalement, vise ? d?velopper des qualit?s comme d?guiser l’intelligence, r?ussir aux examens.

Une certaine discipline, ce qui est excellent. Et aussi ? accumuler un grand nombre d’informations.

Et si on demande aux parents : « Que souhaitez-vous pour vos enfants ? » Ils disent : « Que mon enfant s’?panouisse dans l’existence, « soit une bonne personne, r?ussisse sur le plan humain. » Et entre ce qu’on enseigne et ce qu’on attend de l’?ducation, ?a ne correspond pas tout ? fait. Donc, allumer un feu, c’est donner un sens ? l’existence, une direction, une joie de poursuivre son chemin ? chaque instant de l’existence. Pas seulement d’accumuler des informations, b?n?fiques ou pas. -C’est aussi cultiver certaines qualit?s. Notamment celle de l’altruisme. Est-ce une qualit? inn?e ? -Pendant longtemps, certains ont pr?tendu ou affirm? que les enfants ?taient extr?mement ?go?stes, que l’empathie n’arrivait pas avant l’?ge de 7 ans, etc. En fait, toutes les ?tudes r?centes bien men?es ont montr? que les enfants sont des coop?rateurs inconditionnels.

Si on fait tomber quelque chose, les enfants se pr?cipitent pour aider.

Les enfants, si on leur montre des personnages dont certains sont bienveillants et d’autres sont violents, ils pr?f?rent, de beaucoup, les personnes bienveillantes. On a montr? que quand on donne un bonbon ? un enfant et qu’on propose de le donner ? un autre, ceux qui pr?f?rent donner, leurs expressions faciales et leur comportement… Ils sont beaucoup plus contents de donner que de recevoir.

Toutes sortes de facteurs montrent que m?me sans l’influence des parents… Car les r?compenses diminuent cet ?lan spontan?. L?, ils le font pour le plaisir. Apr?s, les normes sociales se mettent en place. Mais spontan?ment, c’est dans l’ADN des enfants de vouloir coop?rer. -Donc, ceci doit ?tre ensuite cultiv?. Et vous parlez d’?ducation coop?rative. -Il faut favoriser ce potentiel. Car vers l’?ge de 5 ans, les enfants discriminent entre ceux qui les traitent bien ou pas bien. Mais ils peuvent se renfermer. L’?ducation moderne met l’accent sur la comp?tition.

Classements… Il faut r?ussir. Et dans certaines cultures, notamment ? Hong Kong ou en Cor?e du Sud, c’est un drame si l’enfant n’est pas dans les 5 premiers.

Donc, l’?ducation coop?rative, qu’est-ce que c’est ? Vous allez, plusieurs fois par jour, faire des groupes de 5-6 enfants. Vous mettrez des bons ?l?ves avec des moins bons, des gar?ons avec des filles, etc. Puis la le?on sera divis?e en 5 parties. Chaque enfant ?tudiera durant 10 minutes. Les meilleurs ?l?ves aident les autres.sagesses bouddhistes

?a donne de meilleurs r?sultats scolaires, mais aussi une bonne atmosph?re humaine, moins de conflits, moins de brimades. C’est un probl?me, dans les ?coles, les brimades. Si les enfants sont solidaires, il y a moins de brimades. De la m?me fa?on, les rapports avec les professeurs sont meilleurs.

Cet apprentissage est meilleur que l’apprentissage comp?titif. Une centaine d’?coles le font.

Mais il faudrait le g?n?raliser. Une ?tude a ?valu?, sur 20 ans, le r?sultat de cette intervention. Et elle montre des avantages indiscutables. -Dans cette ?ducation, il y a un syst?me de tutorat. -Le tutorat, c’est de prendre des enfants de 2 classes au-dessus d’un autre et de leur confier un enfant de 2 classes en-dessous. Les parents disent : « Mon enfant est d?j? moyen en classe. « S’il doit s’occuper d’un petit, « ce sera pire. » C’est le contraire ! Car l’enfant moyen se sent responsabilis?. Pour aider le plus jeune, il doit ?tudier. Donc, ? la fin de l’ann?e, les deux font des progr?s. Ca montre aussi les bienfaits de la m?thode. Aux USA, il y a des millions de tuteurs volontaires. ?a se passe aussi dans certaines classes en France, mais ce sont des exceptions.

Il y a des instituteurs qui le font, mais il faut g?n?raliser cela, les bienfaits sont ?vidents. -A travers votre association, vous vous occupez beaucoup d’?coles, comme l’?cole de bambou. Jeanne Mascolo vous a suivi. On regarde l’extrait. Elle parle en hindi.

-G?nial. Il faut 100 professeurs par ?cole. Il met des annonces et fait une pr?s?lection. Il a 300 profs, 3 par classe. Ensuite, il met 3 profs pendant 1 semaine dans une classe. Et ? la fin de la semaine, il dit aux enfants de choisir le professeur. J’ignore si ?a passerait, en France, mais c’est g?nial. Les enfants disent : « Celui-l?, on l’aime bien. » Donc, voil? ! Tout le monde accorde une grande valeur ? l’?ducation. Ils esp?rent que leurs enfants feront mieux qu’eux. Ils envoient un fils, car la fille part se marier. Il y a un pr?judice contre les femmes. Et lui r?cup?re toute les filles. Et quand on ?duque des filles, on sait que la soci?t? change.

Il a bien compris ?a ! -Vous vous exprimez l? sur l’importance de l’?ducation qui doit ?tre donn?e aux filles. Pourquoi est-ce essentiel pour vous ? -Une soci?t? o? le statut de la femme est plus ?lev? est moins violente. Il y a moins de mortalit? infantile, au moment de l’accouchement, si elles ont ?t? ?duqu?es.

?a s’appelle le « girl effect ». C’est reconnu par ceux qui s’occupent de ces questions. C’est normal. Dans ces ?coles, vous pouvez construire une ?cole pour 2 000 enfants en 2 mois. Et cet entrepreneur social en a construit une vingtaine. Nous en avons construit 9 et chacune a 2 000 enfants. -Et on l’a vu, les enfants choisissent leur professeur. Incroyable ! -Dans ces ?coles, ils re?oivent des candidatures pour ?tre profs. Vous avez 1 000 candidatures. Ils en pr?s?lectionnent 300. Trois professeurs font une semaine de classe. Et les enfants disent : « Celui-l?, on aime ?tudier avec lui. » Ils choisissent leur prof. Ce serait difficile de faire ?a ici. -Y a-t-il une diff?rence ?norme entre l’Occident et l’Orient dans le syst?me ?ducatif ? -L’?ge moderne uniformise un peu tout ?a.

Ce qui manque beaucoup, c’est la question des valeurs humaines. On pense que c’est l’apanage des religions. Le dalai-lama parle tout le temps de l’?thique s?culi?re. On parle souvent de neutralit?.

Mais la neutralit? est un leurre. Les enfants apprennent des valeurs dans des jeux vid?o violents. Il y a des valeurs que personne ne peut contester. La bienveillance, l’honn?tet?, la non-discrimination. Qui pourrait ?tre contre ces valeurs ? Il faut trouver un moyen de former les enfants. -Un des moyens, c’est de renouer avec la nature. C’est tr?s important. -Plusieurs ?tudes ont montr? que la nature nous apprend plein de choses sur la fa?on de r?soudre des probl?mes.

Et les enfants en contact avec la nature sont bien plus ouverts, et plus calmes. C’est un d?fi pour ceux qui vivent en ville ou en banlieue. En Norv?ge, par exemple, ou en Finlande, toutes les 45 mn, les enfants sortent pendant 15 mn pour ?tre en contact avec la nature.

C’est une bonne chose. -Il reste peu de temps mais j’aimerais en parler. C’est le test des autocollants. C’est passionnant pour montrer l’altruisme des enfants. -Mon ami Richard Davidson, neuroscientifique, a fait un exercice avec des enfants de 4 ou 5 ans, en maternelle. Pendant 10 semaines, 40 mn, 3 fois par semaine, les ?ducateurs viennent. Et il y a un programme de pleine conscience. Les enfants apprennent ? respirer. Ensuite, ils observent leurs ?motions.

Si un enfant est triste, on fait venir un autre enfant : « Que ressent ton camarade ? » Ils plantent les graines de l’amiti?. C’est un programme simple. Ensuite, on ?value leur comportement, qui est nettement am?lior?, par rapport ? un groupe t?moin. On fait le test des autocollants : avant l’intervention, ils disent qui est leur meilleur ami et leur moins bon ami. Sur 4 enveloppes, on met la photo du meilleur ami, du moins bon ami, d’un enfant inconnu et d’un enfant malade.

Ils ont 50 autocollants ? donner ? qui ils veulent.

Avant l’intervention, ils donnent tout ? leur meilleur ami. Apr?s l’intervention, on a compl?tement gomm? cette discrimination. Ils donnent autant d’autocollants ? leur meilleur ami, leur moins bon ami, ? l’enfant inconnu et ? l’enfant malade. Quand on sait combien les discriminations nuisent ? la soci?t?, c’est formidable de pouvoir, chez des enfants… Deux mois apr?s, cette non-discrimination demeure, chez ces enfants. Il faudrait ?tendre ce syst?me. -Pour terminer, vous mettez en avant d’autres syst?mes. Notamment le « Bare-foot college ». Vous sugg?rez ces initiatives. -Le « Bare-foot college », c’est pour les petites filles qui travaillent dans les champs, gardent des animaux. De 19h ? 22h, il y a des ?coles tr?s vivantes. Les enfants apprennent ? ?crire, avec un ?clairage solaire. Il y a un parlement des enfants. ?a se passe dans le Rajasthan. Ces initiatives ne sont pas transposables ici, en Europe.

Mais ?a montre que l’?ducation, ?a peut ?tre tellement plus que d’engranger des infos et apprendre ? r?ussir aux examens ! -Nous allons nous quitter.

Merci, Matthieu Ricard. -Voici quelques ouvrages que nous vous conseillons… Tout d’abord, le livre de notre invit?, « Plaidoyer pour l’altruisme », de Matthieu Ricard. Toujours de Matthieu Ricard, « Plaidoyer pour le bonheur ». Vous y retrouverez les th?mes ?voqu?s et de nombreux conseils pour approcher ce bonheur. Je vous signale aussi le DVD de Jeanne Mascolo. « Matthieu Ricard, sur le chemin de la compassion ». Un film enrichissant, tourn? entre le N?pal et la France. C’est la fin de notre ?mission. Vous pouvez la revoir durant une semaine sur le site de France 2. Merci ? tous de votre fid?lit?.

Tr?s belle journ?e, et ? la semaine prochaine.

Sous-titrage MFP..

Source: Youtube

… -Bonjour ? toutes et ? tous. Nous sommes ravis de vous retrouver sur notre plateau pour une ?mission sur l’?ducation dans le cadre de notre s?rie consacr?e ? la jeunesse. On apprend souvent aux enfants un savoir-faire et non un savoir-?tre. L’?ducation ne devrait-elle pas permettre aux enfants d’actualiser le meilleur en eux ? Les enfants qui s’entraident obtiennent de meilleurs r?sultats scolaires. Comment encourager l’altruisme ? Comment envisager une ?ducation qui ne soit plus bas?e sur la comp?tition ? J’accueille, pour en parler, Matthieu Ricard. Bonjour. -Bonjour. -Vous vivez dans l’Himalaya depuis 1972. Vous avez re?u l’enseignement de Kangyour Rinpoch?. Vous vous occupez de projets humanitaires au Tibet, au N?pal et en Inde. Et vous venez de publier « Plaidoyer pour l’altruisme », o? vous parlez d’?ducation, ce qui pour vous, est essentiel. Vous mettez en exergue une phrase d’Aristophane. « Enseigner, ce n’est pas remplir un vase, c’est allumer un feu. » Pourquoi cette citation ? -L’?ducation moderne, principalement, vise ? d?velopper des qualit?s comme d?guiser l’intelligence, r?ussir aux examens.

Une certaine discipline, ce qui est excellent. Et aussi ? accumuler un grand nombre d’informations.

Et si on demande aux parents : « Que souhaitez-vous pour vos enfants ? » Ils disent : « Que mon enfant s’?panouisse dans l’existence, « soit une bonne personne, r?ussisse sur le plan humain. » Et entre ce qu’on enseigne et ce qu’on attend de l’?ducation, ?a ne correspond pas tout ? fait. Donc, allumer un feu, c’est donner un sens ? l’existence, une direction, une joie de poursuivre son chemin ? chaque instant de l’existence. Pas seulement d’accumuler des informations, b?n?fiques ou pas. -C’est aussi cultiver certaines qualit?s. Notamment celle de l’altruisme. Est-ce une qualit? inn?e ? -Pendant longtemps, certains ont pr?tendu ou affirm? que les enfants ?taient extr?mement ?go?stes, que l’empathie n’arrivait pas avant l’?ge de 7 ans, etc. En fait, toutes les ?tudes r?centes bien men?es ont montr? que les enfants sont des coop?rateurs inconditionnels.

Si on fait tomber quelque chose, les enfants se pr?cipitent pour aider.

Les enfants, si on leur montre des personnages dont certains sont bienveillants et d’autres sont violents, ils pr?f?rent, de beaucoup, les personnes bienveillantes. On a montr? que quand on donne un bonbon ? un enfant et qu’on propose de le donner ? un autre, ceux qui pr?f?rent donner, leurs expressions faciales et leur comportement… Ils sont beaucoup plus contents de donner que de recevoir.

Toutes sortes de facteurs montrent que m?me sans l’influence des parents… Car les r?compenses diminuent cet ?lan spontan?. L?, ils le font pour le plaisir. Apr?s, les normes sociales se mettent en place. Mais spontan?ment, c’est dans l’ADN des enfants de vouloir coop?rer. -Donc, ceci doit ?tre ensuite cultiv?. Et vous parlez d’?ducation coop?rative. -Il faut favoriser ce potentiel. Car vers l’?ge de 5 ans, les enfants discriminent entre ceux qui les traitent bien ou pas bien. Mais ils peuvent se renfermer. L’?ducation moderne met l’accent sur la comp?tition.

Classements… Il faut r?ussir. Et dans certaines cultures, notamment ? Hong Kong ou en Cor?e du Sud, c’est un drame si l’enfant n’est pas dans les 5 premiers.

Donc, l’?ducation coop?rative, qu’est-ce que c’est ? Vous allez, plusieurs fois par jour, faire des groupes de 5-6 enfants. Vous mettrez des bons ?l?ves avec des moins bons, des gar?ons avec des filles, etc. Puis la le?on sera divis?e en 5 parties. Chaque enfant ?tudiera durant 10 minutes. Les meilleurs ?l?ves aident les autres.sagesses bouddhistes

?a donne de meilleurs r?sultats scolaires, mais aussi une bonne atmosph?re humaine, moins de conflits, moins de brimades. C’est un probl?me, dans les ?coles, les brimades. Si les enfants sont solidaires, il y a moins de brimades. De la m?me fa?on, les rapports avec les professeurs sont meilleurs.

Cet apprentissage est meilleur que l’apprentissage comp?titif. Une centaine d’?coles le font.

Mais il faudrait le g?n?raliser. Une ?tude a ?valu?, sur 20 ans, le r?sultat de cette intervention. Et elle montre des avantages indiscutables. -Dans cette ?ducation, il y a un syst?me de tutorat. -Le tutorat, c’est de prendre des enfants de 2 classes au-dessus d’un autre et de leur confier un enfant de 2 classes en-dessous. Les parents disent : « Mon enfant est d?j? moyen en classe. « S’il doit s’occuper d’un petit, « ce sera pire. » C’est le contraire ! Car l’enfant moyen se sent responsabilis?. Pour aider le plus jeune, il doit ?tudier. Donc, ? la fin de l’ann?e, les deux font des progr?s. Ca montre aussi les bienfaits de la m?thode. Aux USA, il y a des millions de tuteurs volontaires. ?a se passe aussi dans certaines classes en France, mais ce sont des exceptions.

Il y a des instituteurs qui le font, mais il faut g?n?raliser cela, les bienfaits sont ?vidents. -A travers votre association, vous vous occupez beaucoup d’?coles, comme l’?cole de bambou. Jeanne Mascolo vous a suivi. On regarde l’extrait. Elle parle en hindi.

-G?nial. Il faut 100 professeurs par ?cole. Il met des annonces et fait une pr?s?lection. Il a 300 profs, 3 par classe. Ensuite, il met 3 profs pendant 1 semaine dans une classe. Et ? la fin de la semaine, il dit aux enfants de choisir le professeur. J’ignore si ?a passerait, en France, mais c’est g?nial. Les enfants disent : « Celui-l?, on l’aime bien. » Donc, voil? ! Tout le monde accorde une grande valeur ? l’?ducation. Ils esp?rent que leurs enfants feront mieux qu’eux. Ils envoient un fils, car la fille part se marier. Il y a un pr?judice contre les femmes. Et lui r?cup?re toute les filles. Et quand on ?duque des filles, on sait que la soci?t? change.

Il a bien compris ?a ! -Vous vous exprimez l? sur l’importance de l’?ducation qui doit ?tre donn?e aux filles. Pourquoi est-ce essentiel pour vous ? -Une soci?t? o? le statut de la femme est plus ?lev? est moins violente. Il y a moins de mortalit? infantile, au moment de l’accouchement, si elles ont ?t? ?duqu?es.

?a s’appelle le « girl effect ». C’est reconnu par ceux qui s’occupent de ces questions. C’est normal. Dans ces ?coles, vous pouvez construire une ?cole pour 2 000 enfants en 2 mois. Et cet entrepreneur social en a construit une vingtaine. Nous en avons construit 9 et chacune a 2 000 enfants. -Et on l’a vu, les enfants choisissent leur professeur. Incroyable ! -Dans ces ?coles, ils re?oivent des candidatures pour ?tre profs. Vous avez 1 000 candidatures. Ils en pr?s?lectionnent 300. Trois professeurs font une semaine de classe. Et les enfants disent : « Celui-l?, on aime ?tudier avec lui. » Ils choisissent leur prof. Ce serait difficile de faire ?a ici. -Y a-t-il une diff?rence ?norme entre l’Occident et l’Orient dans le syst?me ?ducatif ? -L’?ge moderne uniformise un peu tout ?a.

Ce qui manque beaucoup, c’est la question des valeurs humaines. On pense que c’est l’apanage des religions. Le dalai-lama parle tout le temps de l’?thique s?culi?re. On parle souvent de neutralit?.

Mais la neutralit? est un leurre. Les enfants apprennent des valeurs dans des jeux vid?o violents. Il y a des valeurs que personne ne peut contester. La bienveillance, l’honn?tet?, la non-discrimination. Qui pourrait ?tre contre ces valeurs ? Il faut trouver un moyen de former les enfants. -Un des moyens, c’est de renouer avec la nature. C’est tr?s important. -Plusieurs ?tudes ont montr? que la nature nous apprend plein de choses sur la fa?on de r?soudre des probl?mes.

Et les enfants en contact avec la nature sont bien plus ouverts, et plus calmes. C’est un d?fi pour ceux qui vivent en ville ou en banlieue. En Norv?ge, par exemple, ou en Finlande, toutes les 45 mn, les enfants sortent pendant 15 mn pour ?tre en contact avec la nature.

C’est une bonne chose. -Il reste peu de temps mais j’aimerais en parler. C’est le test des autocollants. C’est passionnant pour montrer l’altruisme des enfants. -Mon ami Richard Davidson, neuroscientifique, a fait un exercice avec des enfants de 4 ou 5 ans, en maternelle. Pendant 10 semaines, 40 mn, 3 fois par semaine, les ?ducateurs viennent. Et il y a un programme de pleine conscience. Les enfants apprennent ? respirer. Ensuite, ils observent leurs ?motions.

Si un enfant est triste, on fait venir un autre enfant : « Que ressent ton camarade ? » Ils plantent les graines de l’amiti?. C’est un programme simple. Ensuite, on ?value leur comportement, qui est nettement am?lior?, par rapport ? un groupe t?moin. On fait le test des autocollants : avant l’intervention, ils disent qui est leur meilleur ami et leur moins bon ami. Sur 4 enveloppes, on met la photo du meilleur ami, du moins bon ami, d’un enfant inconnu et d’un enfant malade.

Ils ont 50 autocollants ? donner ? qui ils veulent.

Avant l’intervention, ils donnent tout ? leur meilleur ami. Apr?s l’intervention, on a compl?tement gomm? cette discrimination. Ils donnent autant d’autocollants ? leur meilleur ami, leur moins bon ami, ? l’enfant inconnu et ? l’enfant malade. Quand on sait combien les discriminations nuisent ? la soci?t?, c’est formidable de pouvoir, chez des enfants… Deux mois apr?s, cette non-discrimination demeure, chez ces enfants. Il faudrait ?tendre ce syst?me. -Pour terminer, vous mettez en avant d’autres syst?mes. Notamment le « Bare-foot college ». Vous sugg?rez ces initiatives. -Le « Bare-foot college », c’est pour les petites filles qui travaillent dans les champs, gardent des animaux. De 19h ? 22h, il y a des ?coles tr?s vivantes. Les enfants apprennent ? ?crire, avec un ?clairage solaire. Il y a un parlement des enfants. ?a se passe dans le Rajasthan. Ces initiatives ne sont pas transposables ici, en Europe.

Mais ?a montre que l’?ducation, ?a peut ?tre tellement plus que d’engranger des infos et apprendre ? r?ussir aux examens ! -Nous allons nous quitter.

Merci, Matthieu Ricard. -Voici quelques ouvrages que nous vous conseillons… Tout d’abord, le livre de notre invit?, « Plaidoyer pour l’altruisme », de Matthieu Ricard. Toujours de Matthieu Ricard, « Plaidoyer pour le bonheur ». Vous y retrouverez les th?mes ?voqu?s et de nombreux conseils pour approcher ce bonheur. Je vous signale aussi le DVD de Jeanne Mascolo. « Matthieu Ricard, sur le chemin de la compassion ». Un film enrichissant, tourn? entre le N?pal et la France. C’est la fin de notre ?mission. Vous pouvez la revoir durant une semaine sur le site de France 2. Merci ? tous de votre fid?lit?.

Tr?s belle journ?e, et ? la semaine prochaine.

Sous-titrage MFP..

Source: Youtube

About the Author

Follow me

Christophe Daroux est engagé dans le domaine du développement personnel depuis près de 30 ans maintenant . Certifié Master en Hypnose Ericksonienne, en Hypnose Humaniste et en PNL (Programmation Neurolinguistique) à l'Institut Français d'Hypnose Ericksonienne (IFHE Paris) formé? directement par son fondateur Olivier Lockert.


{"email":"Email address invalid","url":"Website address invalid","required":"Required field missing"}